‘TSUNAMI’ SUR LA DURANCE

‘TSUNAMI’ SUR LA DURANCE

Dans notre département, il a très peu plu depuis plusieurs mois et nous accusons un déficit pluviométrique très important. Les nappes n’ont jamais été aussi basses. Cela se répercute sur les cours d’eau avec des débits extrêmement faibles. Cette situation est assez préoccupante pour bon nombre de rivières : Drac, Buëch, Luye, Avance, etc… 

Plus alimentée par la fonte des glaciers en hiver, la Durance n’est maintenant plus épargnée. Elle subit cette année un étiage hivernal (ou sécheresse hivernale) bien plus fort que d’habitude. 
Poissons, Invertébrés, amphibiens, mammifères aquatiques, oiseaux… souffrent énormément du manque d’eau. 

Pour aggraver ce contexte critique, des lâchers d’eau spectaculaires – les éclusées – de fonctionnement d’ouvrages hydroélectriques viennent quotidiennement perturber et impacter cette rivière. Les barrages de Pont-Baldy (EDSB) sur la Cerveyrette et de Maison du Roy (EDF) sur le Guil sont responsables de cette situation. Dans la même journée, les niveaux d’eau très bas (autour de 8 m3 à Embrun) augmentent brutalement considérablement jusqu’à 20 m3s et créent une véritable chasse d’eau qui impacte considérablement la faune aquatique. 

Ces variations brusques de débits mettent en eau ou hors d’eau certaines zones qui peuvent s’avérer piégeuses pour les poissons et notamment les Chabots. Le marnage va aussi impacter la reproduction des truites fario – qui a lieu en ce moment – par assèchement des zones de frayères sur les bords des rives et sur les bancs de gravier se découvrant.

Le fonctionnement biologique du cours d’eau est altéré. Les débits fluctuants considérablement ne garantissent plus la vie, ni la reproduction, des espèces piscicoles qui peuplent la Durance (truites communes de souche autochtone, d’intérêt patrimonial, dont la ponte se déroule actuellement).
Les densités et la structure des peuplements piscicoles et aquatiques sont gravement touchées et s’appauvrissent. Cette situation scandaleuse est dénoncée par la Fédération de Pêche notamment pour la Durance classée en « Réservoir Biologique » et à l’inventaire « Frayères » sur la majeure partie de son cours. 

Les cours d’eau Haut-Alpins payent un lourd tribu aux aménagements hydroélectriques.
‘Vendus’ comme producteurs d’énergie ‘propre’, ils créent en réalité un nombre importants d’impacts irréversibles sur les milieux aquatiques.

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