Plan départemental de gestion piscicole

Consultez et téléchargez le Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources piscicoles des Hautes-Alpes

Études génétiques de la truite commune

La Fédération des Hautes-Alpes pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, a lancé depuis 2005 un programme d’études génétiques visant à identifier les populations de truites présentes en rivière, en particulier les populations autochtones.

Les populations de truites du Grand Buëch, du Petit Buëch, de la Clarée, de la Biaysse, de la Gyronde, de la Guisane, du Guil, de la Durance et du bassin du Drac ont déjà été analysées.

Les études ont été menées par l’Institut des Sciences de l’Evolution, Equipe Génétique et Environnement de l’Université Montpellier dirigé par le Professeur Patrick Berrebi.Les analyses génétiques nécessitent de réaliser des pêches électriques pour capturer des lots de truites afin de leur prélever un échantillon de nageoire caudale. Les poissons capturés sont également pesés et mesurés puis remis à l’eau.

Les résultats de toutes ces études démontrent que ces rivières sont peuplées quasi-exclusivement de truites sauvages méditerranéennes.

La truite autochtone présente dans les Hautes-Alpes est de souche méditerranéenne.

Les truites qui ont colonisé les rivières haut-alpines après le retrait des glaciers, il y a environ 10000 ans, sont venues de la zone méditerranéenne en empruntant l’axe du Rhône et de ses affluents, la Durance notamment.Par contre, les bassins hydrographiques français de la façade atlantique ont été colonisés naturellement à partir de la zone atlantique par une souche différente dite “atlantique”.Les poissons de pisciculture, quant à eux, sont représentés par cette même souche de truite “atlantique”. Cette “forme” de truite ayant des aptitudes plus favorables à l’élevage.

Conclusion :

Ces résultats démontrent que le patrimoine génétique naturel méditerranéen des populations de truite fario dans les Hautes-Alpes est entièrement préservé.Les rivières Haut-Alpines sont des rivières fonctionnelles, avec leurs populations naturelles de truites dynamiques.

Pour conserver ce patrimoine d’une valeur inestimable, un “Plan Départemental de Protection et de Gestion Piscicole” a été élaboré et suivi par les gestionnaires des cours d’eau (AAPPMA). Il permet d’adapter une gestion “patrimoniale” des populations originelles de truites fario : une stratégie prioritaire de préservation des populations sauvages ainsi qu’une gestion piscicole limitant les alevinages strictement aux secteurs de rivière peu fonctionnels, perturbés ou dégradés.

Les efforts et le travail s’orientent par conséquent vers la préservation et la réhabilitation des milieux. C’est la raison pour laquelle, la Fédération de pêche des Hautes-Alpes mène de manière prioritaire de nombreuses opérations de restaurations afin de maintenir les cycles de vies complets et naturels de nos rivières.

Les travaux & réhabilitations

Et dans l’adoux, la vie reprend…

L’extraction abusive de matériaux dans bon nombre de cours d’eau Haut-Alpins a entrainé par érosion régressive un enfoncement marqué sur tout le linéaire des rivières (2 à 3m par endroit). Aujourd’hui, elles ne parviennent plus à déborder et inonder les terrains avoisinants (ripisylve, zones humides…) ce qui leurs permettait, auparavant, de s’étaler et donc de réduire naturellement leur capacité érosive. Cela se traduit par une érosion de plus en plus importante, des sapements marqués de berges et de toutes infrastructures lors des crues ( ponts, constructions en terrains inondables, etc).

Tout aussi grave, les petits cours d’eau annexes, souvent des adoux, qui servaient de zones de reproduction, de nurserie, de refuges, véritables réservoirs biologiques à la sauvegarde de nombreuses espèces, se retrouvent comme perchés de plusieurs mètres au dessus du lit vif des rivières.Inaccessibles. Déconnectés. Il s’en suit souvent leurs assèchements, leurs comblements et à terme leurs disparitions.

Ce n’est qu’au cours de ces dernières décennies qu’on été découvert la richesse biologique et le rôle de ces espaces. On a aussi pris conscience de la menace qui pèse sur eux.

Sous l’impulsion de la Fédération, d’importants travaux de réhabilitation et de « reconnexion » ont été réalisés afin de redonner leur fonctionnalité à ces « refuges » et zones de frayères : adoux de St Thomas (commune de St Crépin), adoux des Mensals (commune de Fraissinières), adoux des Glacière (commune de Aspres sur Buëch), adoux du Gourret (commune d’Aiguilles), adoux des Foulons (commune de St Jean St Nicolas)…

De nombreuses personnes, élus, communes, associations de pêche et entreprises se sont investis. Nous les remercions chaleureusement. Le rêve de revoir vivre la rivière est atteint en de nombreux endroits. Ce travail est bien entendu poursuivi.

La zone du Liou, richesses d’une zone humide sur le lac de Serre-Ponçon

Pour en apprendre un peu plus,

Vous venez de scanner le QR code présent à l’entrée du parcours d’observation de la zone humide du Liou depuis la rive gauche de la Durance à l’entrée du lac de Serre-Ponçon (commune de Baratier et de Crots). Bienvenue !

Vous allez maintenant découvrir le long de ce cheminement sur pilotis au dessus du lac de Serre-Ponçon, différents panneaux d’informations pédagogiques. Ils vont vous permettent d’y découvrir la diversité et de la richesse du biotope de cette zone remarquable. Pour en apprendre un peu plus, voici quelques explications qui viendront compléter vos observations…

PANNEAU 1 : LA DURANCE ACCEUIL DE LA VIE SAUVAGE

UNE TRUITE DE GRANDE VALEUR DANS LA DURANCE : LA TRUITE MEDITERRANEENNE

La Durance, splendide rivière, abrite ici dans sa partie amont des truites sauvages qui naissent, vivent et s’y reproduisent vraisemblablement depuis la nuit des temps. Pleines de vitalité et d’une grande beauté, elles sont considérées comme de véritables joyaux.

Ces truites sauvages, endémiques, sont dites méditerranéennes, différentes génétiquement des truites de souches atlantiques (élevées en pisciculture). Elles sont fragiles, rares et prennent ainsi une grande valeur.

Quelques critères de reconnaissances externes permettent de déterminer les souches méditerranéennes :

  • Absence de point sur le dos.
  • Nombreux points (> à 7) et grosse tache noire sur les opercules.
  • Lorsqu’elles existent, zébrures étroites et nombreuses sur les flancs.
  • Nombreux points noirs et rouges et de formes irrégulières.
  • Ligne latérale généralement peu visible.

Pour conserver ce patrimoine précieux, une gestion “patrimoniale” des populations originelles de truites farios a été adoptée privilégiant les actions de pérennisation des populations sauvages, s’investissant sur la préservation et dans la réhabilitation des milieux et la conservation de la continuité écologique afin de maintenir les cycles de vies complets et naturels de cette espèce.

UN POISSON ORIGINAL ET DISCRET, LE CHABOT

Le chabot est un petit poisson, ne dépassant pas 15 cm de long. Il possède une grosse tête démesurée pour son petit corps et deux nageoires pectorales épineuses en forme d’éventail dont il se sert comme de véritables « couteaux suisses » (ancres, grappins, pelles, ventilateurs, hydrofreins, épouvantails, fausses pattes…). Sa nageoire dorsale est divisée en deux et comporte également des épines. On le trouve dans les eaux fraîches bien oxygénées de la Durance.

Le chabot vit caché sur le fond (car il ne possède pas de vessie natatoire : poche remplie d’air permettant aux poissons de monter en surface) où il passe ses journées tapies au milieu des pierres dont il peut prendre la teinte.

Ce poisson plutôt solitaire est mauvais nageur. Il bouge peu et quand il le fait, il effectue de petits bonds rapides. Il est carnivore et c’est la nuit qu’il chasse les animaux de fond de la rivière : mollusques, vers, larves d’insectes, œufs et alevins de truite.

La ponte se déroule entre mars et avril. Plusieurs femelles attirées par un mâle déposent leurs œufs visqueux dans un nid aménagé sous les pierres (dépression). Une fois la reproduction achevée, le mâle, vrai « papa poule », surveille et ventile ensuite les œufs. Par contre, parfois, lors de cette surveillance et pour éviter de mourir de faim, le mâle consomme une partie de la ponte.

Le chabot n’est pas une espèce qui est menacée à l’échelle française, mais localement, les populations souffrent de la pollution et surtout de la modification des caractéristiques physiques de son milieu (diminution du courant, colmatage du substrat par les sédiments fins) provoqué par l’implantation de barrages, du recalibrage et de la rectification de la rivière.

UN INSECTE QUI SE CONSTRUIT ET PORTE SA MAISON, LE TRICHOPTÈRE À FOURREAU (ou porte-bois ou porte-faix)

Insecte très commun que l’on reconnaît facilement puisque sa larve se fabrique une maison appelée fourreau, une coquille de matériaux (grains de sable, brindilles…) pris sur le fond de la rivière, grâce à des soies secrétées par son appareil buccal. Cela lui permet de rester discret, de se protéger et de s’alourdir pour ne pas être emporté par le courant. Une fois adulte, l’insecte sort de son fourreau et change aussi de milieu, il sort de l’eau. Il ressemble alors à un petit papillon aux ailes recouvertes de soies (trichos = soies, ptéros = ailes) formant un toit sur l’abdomen alors que ses antennes s’étirent vers l’avant.

L’ÉPHÉMÈRE, EMBLÉMATIQUE DES INVERTÉBRÉS AQUATIQUES ET SYMBOLE DE LA PÊCHE A LA MOUCHE.

C’est l’un des insectes les plus adaptées à la vie en grand courant : son corps aplati lui permet de se coller aux pierres et une griffe à chaque patte lui permet de s’agripper pour ne pas être emporté par les rapides. On le reconnaît à ses trois cerques, prolongements à l’extrémité de l’abdomen (parfois deux) qui lui servent également pour se stabiliser. N’aimant pas le soleil, la larve d’éphémère vit principalement sous l’eau, sous les galets. Comme son nom l’indique, l’éphémère une fois adulte ne vit pas longtemps : une fois hors de l’eau, il ne peut plus manger et va vivre sur ses réserves accumulées pendant sa vie de larve (qui peut elle, se prolonger de quelques mois à quelques années). Qu’il soit larvaire, émergente ou adulte, il est appréciée des poissons et donc régulièrement imité pour la pêche à la mouche.

PANNEAU 3 : UNE FORET NOYEE LES PIEDS DANS L’EAU

LE BEAU, MAIS VORACE SYMPETRUM DE FONSCOLOMBE

Qu’elle soit sous son état larvaire ou adulte, cette jolie libellule est carnassière. Véritable meurtrière et terreur pour les autres insectes (et même les têtards et les jeunes alevins), cette libellule surveille en permanence son territoire de chasse et possède un masque préhensile (qui peut saisir comme une main) qui s’ouvre et se projette brusquement en avant pour attraper ses proies. Ce masque est une extension de la lèvre inférieure, comprenant un bras articulé terminé par deux crochets. Effrayant non ?

PANNEAU 4 : LORSQUE L’EAU REVIENT, LA METAMORPHOSE OPERE.

UN CARNASSIER BIEN UTILE, LE BROCHET

C’est le plus grand poisson du lac, certains individus dépassent même le mètre. Sa coloration marbrée constitue un camouflage efficace. Le corps du brochet est profilé pour la vitesse. Solitaire et sédentaire, il chasse principalement à l’affût, en embuscade, et grâce à ses nageoires situées très en arrière, il est capable d’accélérations fulgurantes pour la capture de ses proies, exclusivement piscicoles. Grand carnassier aux dents acérées, son appétit joue un rôle fondamental : ils débarrassent le lac des poissons malades (évitant ainsi les épidémies) et limitent la prolifération de certaines espèces. Ils représentent une des armes de la nature pour préserver ses équilibres écologiques.

JUIN, LE MOIS POUR DÉCOUVRIR ET OBSERVER LA REPRODUCTION DES CARPES :

Le lac de Serre-Ponçon héberge des carpes qui peuvent atteindre des tailles respectables (de 20 à 80 cm de longueur pour un poids de 2 à plus de 20 kg).

La carpe a une forme plus allongée, une peau garnie totalement ou en rangées de grandes écailles épaisses et bien visibles. La tête est conique et massive. La bouche est protractile (qui se déplie vers l’avant) et entourée de lèvres épaisses; elle est munie de quatre barbillons. Elle possède des nageoires plutôt épaisses, opaques, souvent légèrement colorées de rouge orangé et bien développées. La nageoire dorsale est longue, munie d’un rayon osseux. Sa couleur dominante est brunâtre, à reflets dorés ou verdâtres.

Poisson omnivore, la carpe profite des algues, des végétaux, des invertébrés qu’elle recherche tranquillement en fouillant le fond de l’eau.

La carpe se reproduit dans les eaux peu profondes et avec beaucoup de végétation. Ici, la zone du Liou constitue la principale zone de reproduction de l’espèce. La reproduction de la carpe s’observe facilement par le vacarme produit par l’agitation des géniteurs au sein des végétaux et c’est un vrai spectacle à ne pas rater au mois de juin. La femelle pond plusieurs milliers d’œufs adhésifs (jusqu’à un million environ ; au moins 100 000 par kg), parmi les plantes aquatiques, dans une eau atteignant généralement les 20°C.

LA BRÈME, POISSON PROLIFIQUE DE SERRE-PONÇON
La brème commune a un corps caractéristique, aplati latéralement, large, ovale, haut. Sa nageoire anale est très longue et la caudale fortement échancrée. La nageoire dorsale a ses trois premiers rayons épineux, de même pour la nageoire anale.
La tête petite se termine par une bouche protractile (qui se déplie vers l’avant) orientée vers le bas et sans barbillons. L’œil est plutôt petit. Les flancs sont couleur bronze.Les adultes mesurent le plus souvent de 30 à 50 cm pour un poids de 0,5 à 2,5 kg, les grands individus atteignent parfois 75 cm.

La brème commune vit dans les eaux calmes de Serre-Ponçon. C’est un poisson grégaire (qui vit en groupe). Elle est grande consommatrice de larves d’insectes (surtout de Chironomidés), de petits crustacés, de mollusques et de débris végétaux. Elle utilise sa bouche protractile et passe la majeure partie de sa journée à fouiller le fond à la recherche de sa nourriture et pour filtrer les aliments. Elle peut ainsi comme la carpe peut jouer un rôle dans le mélange des couches d’eau et la remise en suspension de particules du sédiment. Si la nourriture est insuffisante sur le fond, la brème peut aussi manger entre deux eaux allant jusqu’à une tendance carnassière, car les plus grands spécimens peuvent parfois se nourrir de petits poissons.

En juin dans une eau à 17-20 °C, tout comme la carpe, la brème se reproduit (une observation à ne pas rater ici, depuis la passerelle de la zone du Liou). Les mâles s’ornent alors sur le front de « boutons de noce ». Chaque femelle pond entre 50 000 et 60 000 œufs sur les végétaux.

PANNEAU 5, DES DUNES LACUSTRES A SERRE-PONCON

L’ABLETTE, UN POISSON QUI NAGE EN BANCS DE SURFACE !

Petit poisson élégant au corps allongé, profilé et comprimé latéralement qui lui donne une grande rapidité de mouvement. L’ablette se nourrit régulièrement en surface pour gober des insectes, sa bouche en oblique est d’ailleurs nettement orientée vers le haut et la mâchoire inférieure dépasse la supérieure. Ses écailles sont peu adhérentes et se détachent facilement. La couleur argentée des flancs et du ventre donne au corps son aspect brillant à reflets métalliques. Le dos est d’un beau vert bleuté. Les ablettes de Serre-Ponçon sont généralement de belle taille, elles atteignent souvent les 20 cm.

L’ablette forme des bancs très importants en pleine eau et à proximité de la surface. Elle a tendance à se disperser et se rapprocher des berges en été (ce qui fait le bonheur de nombreux pêcheurs) pour se regrouper l’hiver. C’est l’une des proies préférées des poissons carnassiers.

L’ANODONTE, UNE MOULE D’EAU DOUCE !
Vous ne rêvez pas ! Tout comme en mers ou dans les océans, il existe bien des mollusques dans Serre-Ponçon. Dresseines, planorbes, limnées et bien d’autres… en font partie. L’anodonte reste la plus imposante : ses valves peuvent atteindre 18 cm, l’intérieur est couvert de nacre, c’est une grande moule d’eau douce ! L’anodonte vit et se déplace lentement au fond de l’eau grâce à un pied unique, laissant derrière elle une trace bien visible dans la boue. Elle apprécie les eaux calmes du lac dans lesquelles, enfoncée dans la vase, elle entrouvre sa coquille pour laisser passer son siphon respiratoire. Elle se nourrit de micro-organismes tels que le plancton et les bactéries qu’elle récupère en filtrant l’eau.Elle est par contre elle-même convoitée par certains poissons comme la carpe.
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