LA TRUITE DU BUECH ENTRETIENT LES ADOUX

Ils étaient une douzaine d’adhérents de ‘La Truite du Buëch’, l’association de pêcheurs, jeudi matin devant la Mairie d’Aspremont, à s’être donné rendez-vous. Il y avait aussi Cyril RUHL, le technicien du syndicat de rivière, venu donner un coup de main et des conseils. Le but : l’entretien des adoux, ces affluents très spéciaux, au débit et à la température presque constants, et qui de ce fait sont les lieux de ponte préférés des truites.

Dans le plus gros d’entre eux, l’association a recensé l’an dernier jusqu’à 120 frayères, talus de graviers soulevés par les truites femelles pour y déposer leurs oeufs, et constitués de graviers de dimension très précise, espacés de manière à laisser circuler l’eau et donc l’oxygène. JeanPierre CHOFFEL, le Président de l’association, parle de « gestion patrimoniale » et ajoute qu’en plus des truites d’élevage qui sont introduites chaque année, les truites indigènes, elles, sont présentes dans le Buëch, d’après la génétique, depuis au moins 15 000 ans. Mais alors, pourquoi avoir besoin d’entretenir artificiellement les adoux ? Il s’agit, là où c’est nécessaire, de donner « un petit coup de pouce » à la nature.

Le groupe s’est divisé en trois parties, chacune se rendant à l’un des trois adoux du jour : Fontaine salée, Garenne, à Aspremont, et Glacières, à Aspres. À ce dernier, se sont rendus M. CHOFFEL et M. RUHL, accompagnés de trois autres pêcheurs. L’adoux se jette dans le Buëch au même endroit que le Barry. Ce cours d’eau, descendant de la montagne Saint Apôtre, n’a rien à voir avec un adoux. C’est un ruisseau intermittent, qui se charge lors des pluies et peut être à sec la plupart du temps. Le Barry donc, charriant des graviers et sédiments, a créé à l’embouchure de Glacières un petit barrage naturel empêchant l’adoux de parvenir jusqu’au Buëch. Les pêcheurs commencent donc par dégager ce barrage autant qu’ils peuvent. Mais, autre problème, ces affluences se font de toute manière dans un bras mort du Buëch. À la fois pour que les eaux de l’adoux puissent rejoindre le Grand Buëch, et pour créer un courant susceptible d’empêcher la reformation du barrage du Barry, les volontaires sont donc allés à l’entrée du bras mort dégager un énorme embâcle. Les techniques sont variées pour créer ainsi un courant suffisant afin d’éviter que des obstacles ne se dressent sur le passage des truites. Le SMIGIBA a ainsi installé, les années précédentes, des petites structures discrètes comme des déflecteurs constitués de grosses branches, accentuant le courant, ou bien encore un tressage de branches sur un côté de l’adoux, retenant la terre et qui, en rétrécissant la largeur du cours d’eau, en accentue un peu la vitesse.

Article Dauphiné Libéré, 5 novembre 2015, Antoine BARLES

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